L’engagement social, une question de décision

L’engagement social, une question de décision

Un entretien avec Marc-Olivier Pigeon, entrepreneur en construction, membre de la 28e cohorte Élite de l’École d’entrepreneurship de Beauce

Dans le quotidien d’un entrepreneur, les journées se remplissent sans effort. Les priorités s’enchaînent, les projets s’accumulent, et le temps semble toujours manquer. C’est souvent là que l’engagement social se heurte à une idée reçue, celle qu’il faut du temps pour s’impliquer. Pour Marc-Olivier Pigeon, cette logique ne tient pas.

« On n’a jamais de temps en extra. On prend du temps pour ce qui est important. »

Chez lui, l’engagement ne s’explique pas par un moment libre dans l’horaire. Il repose sur une décision. Une priorité qu’on choisit de se donner.

Le mythe du « je n’ai pas le temps »

Dans son parcours, Marc-Olivier n’a jamais eu l’impression d’avoir trop de temps devant lui. Chaque espace disponible était rapidement investi dans de nouveaux projets. C’est précisément ce qui l’amène à remettre en question l’idée que l’engagement dépend de la disponibilité.

« Le : je n’ai pas le temps, c’est souvent une excuse. Si c’est important pour toi, tu vas trouver une façon de dégager ton horaire. »

S’impliquer, selon lui, n’exige pas nécessairement de grands moyens. Une heure, un geste, une implication ponctuelle peuvent déjà faire une différence. Mais encore faut-il décider de le faire.

S’impliquer pour soi… et pour les autres

L’engagement ne se limite pas à un impact externe. Il agit aussi comme un levier personnel. Depuis ses premières expériences de bénévolat, Marc-Olivier y trouve un sentiment de bien-être, mais aussi un moteur de développement :« Ça me rend heureux. Et quand tu es bien, tu es meilleur dans tout le reste ». Cet effet, souvent sous-estimé, dépasse la simple satisfaction. Il influence la manière de travailler, de collaborer et de prendre des décisions.

Un devoir envers la collectivité

Pour lui, l’engagement des entrepreneur·e·s ne devrait pas être optionnel. « On bénéficie de la société. Les gens achètent nos produits, nos services. On a une responsabilité de redonner. » Même dans un contexte où les entreprises contribuent déjà par les impôts et les taxes, il estime que les organismes communautaires demeurent fragiles et essentiels. Et que sans implication supplémentaire, plusieurs initiatives ne pourraient tout simplement ne pas exister.

Intégrer l’engagement dès le départ

Contrairement à une idée répandue, Marc-Olivier ne croit pas que l’engagement doive attendre le bon moment : « Si tu attends d’avoir du temps, ça n’arrivera jamais. Il faut l’intégrer dès le début. » Dans ses projets futurs, cette intention est claire : faire une place concrète à l’engagement, notamment en reversant une part des profits à des causes. Pas comme une réflexion secondaire mais comme une composante de base.

Donner du temps, créer des liens

S’impliquer, c’est aussi s’entourer autrement. Le bénévolat et l’engagement permettent de rencontrer des personnes animées par des valeurs similaires, créant des liens qui dépassent le cadre strictement professionnel.

« Tu rencontres des gens qui veulent donner, qui veulent partager. 
Des gens qui te ressemblent. Ça change la dynamique. »

Ces connexions, plus humaines, enrichissent autant le parcours personnel que les collaborations d’affaires.

Commencer, simplement

Au fond, le message de Marc-Olivier est simple. L’engagement ne dépend ni du moment parfait, ni des ressources idéales. Il dépend d’une décision. Chaque petit geste compte. Une heure peut faire une différence dans la vie de quelqu’un. 

Et peut-être que c’est là que tout commence : non pas quand on a le temps, mais quand on choisit de faire de l’engagement social une priorité.
 

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