Quand l’engagement devient culture

Quand l’engagement devient culture

Un entretien avec Andréanne Marquis, présidente-fondatrice de Womance & Sans-Façon Membre de la 28e cohorte Élite de l’École d’Entrepreneurship de Beauce.

Certaines prises de conscience ne font pas de bruit. Elles s’installent progressivement, jusqu’au moment où il devient difficile de continuer sans prendre position.

Pour Andréanne Marquis, l’engagement social ne relève pas d’une stratégie d’affaires. Il s’inscrit dans une posture, une façon d’être qui a traversé son parcours, de ses débuts jusqu’à la tête de ses entreprises.

« S’engager, pour moi, c’est vouloir changer les choses. »

C’est pendant la pandémie que cet engagement a pris une nouvelle ampleur. Alors que ses entreprises connaissent une forte croissance, un appel à l’aide de Moisson Québec est venu créer un contraste difficile à ignorer. D’un côté, une activité économique florissante pour elle. De l’autre, des besoins essentiels criants.

« On ne peut pas être en croissance, 
avoir du succès et ne pas redonner à la communauté. »

La question s’est imposée d’elle-même : que faire, concrètement, avec les moyens disponibles 

La réponse a d’abord été simple. Avec la plateforme « Donner pour aider », elle a ouvert un canal permettant à sa communauté de contribuer par des dons en argent. Une initiative évolutive, mais ancrée dans une volonté claire : utiliser l’entreprise comme levier d’impact.
Bien avant cela, des gestes avaient déjà été posés : une journée de magasinage offerte à des femmes en situation de vulnérabilité, la préparation de boîtes à lunch pour des frigos communautaires. Peu à peu, l’engagement s’est intégré à la culture de l’entreprise, non pas comme un projet parallèle, mais comme une manière d’exister.

C’est dans cette continuité qu’elle découvre la réalité des familles d’accueil, dans le cadre de son implication au sein de l’École d’entrepreneurship de Beauce. Une cause qu’elle connaissait peu, mais dont l’ampleur, liée à la pénurie de familles d’accueil, l’a rapidement frappée.

« Je ne savais pas qu’il manquait autant de familles d’accueil. 
Quand tu le réalises, tu ne peux plus faire comme si, tu ne savais pas. »

Selon elle, cette réalité demeure largement invisible parce qu’elle dérange. Reconnaître qu’il manque de familles pour accueillir des enfants, c’est admettre un inconfort collectif. « Ce n’est pas glorifiant comme réalité. On n’a pas envie de se dire qu’il y a des enfants qui n’ont pas de foyer stable pour grandir. »

Plutôt que d’alimenter un discours alarmiste, Andréanne Marquis choisit une autre approche avec la campagne Familles de cœur. Mettre de l’avant des témoignages, rendre visibles des parcours, montrer ce qu’il est possible de faire. « Si on met en valeur des histoires inspirantes, les gens peuvent se projeter. Ils peuvent se dire : peut-être que moi aussi, je pourrais le faire. »

Parce que derrière les enjeux, il y a aussi des histoires de transformation : des familles qui s’ouvrent, des jeunes qui trouvent un point d’ancrage. Mais au-delà de cette campagne, c’est une conviction plus large qui se dessine. Une façon d’entreprendre où l’engagement ne se greffe pas à l’entreprise, il en fait partie.

« Les gens veulent travailler pour quelque chose 
qui a du sens. Ça fait partie de nos décisions maintenant. »

Pour Andréanne, les entreprises ont un rôle à jouer. Même modestement. Même de manière imparfaite. « Les grands changements ne viennent pas juste des gouvernements. Ils viennent des gens, des entreprises qui décident de s’impliquer. »

Au fond, tout commence par un refus : celui de l’indifférence.

Et à partir de là, une seule décision s'impose : agir.

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